Georges Appaix est un poète des mots et de la danse. Il est difficile de ne pas se laisser embarquer par ces huit interprètes qui commencent la pièce par un balbutiement pour nous mener finalement au plaisir de la danse et de tout ce qu’elle sait y rassembler. Le langage – aussi bien parlé que dansé – déconstruit en permanence les mots et les gestes. «Elle est là est ailleurs. En tout cas pas là», dit-il.

Le ton est donc donné, «L est là» est un moment d’intelligence délectable. Les situations viennent de l’inattendu et rebondissent vers des univers encore plus décalés. L’air de rien, Appaix fait un clin d’œil à nos habitudes de langage ; les raccourcis que nous prenons pour nous parler, les lieux communs qui nous sont devenus habituels auxquels la danse sait donner une réalité qui change notre regard. «Une aptitude à démonter les cloisons et à passer au travers», ajoute-t-il.

Dans ce va et vient, les mots percutent les corps, la danse désintègre la langue de bois. Et s’il nous vient l’envie d’enfermer la parole dans les discours convenus, les huit interprètes de cette pièce se chargent de nous rappeler que l’on peut «revendiquer le droit à ne parler de rien pour essayer de parler de certaines choses.»

 

Michel Vincenot
Janvier 2000

Distribution

 

Chorégraphie Georges Appaix

 

Danseurs :

Jean-Paul Bourel

François Bouteau

Valérie Brau-Antony

Eric Houzelot

Anne Le Batard

Sabine Macher

Agathe Pfauwadel

Georges Appaix

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