Le monde est avant ou alors demain. Loïc Touzé fait partie de ces hommes au regard lucide, clair, pour qui aujourd’hui est investi pleinement de ce qui a forgé l’humanité. Les limites du corps sur lesquelles il porte un regard serein apportent à sa danse un moment de grâce qu’il donne sans rien garder.

Alors, on a envie de le regarder danser.

Un solo. Le sien. Il l’a pensé et le danse tout aussi simplement que l’homme vit, aime et meurt, lorsque l’énergie du corps est mise au service du geste, précis, habité par une quête constante du sens.

Puis un trio composé d’un danseur, d’une danseuse et d’une chanteuse. Une harmonie parfaite inspirée d’un dialogue avec le compositeur Kasper T. Toeplitz dont la musique pour voix de femme mezzo-soprano cède le pas à la présence  d’une vibration sonore continue et évolutive.

« Il y avait de la terre en eux et ils creusaient.» Si Loïc Touzé s’inspire de Paul Celan, c’est pour rester aussi fidèle que possible à la justesse de ce que nous transmet la danse contemporaine ; lorsqu’elle consent à livrer ce petit quelque chose d’indéfinissable qui appartient à la fois à chacun et à tout le monde.

Loïc Touzé est cette sorte de danseur que l’on attend au salut final pour lui rendre témoignage, à notre manière, de toute la vérité des chemins sur lesquels il nous a emmenés.

 

Michel Vincenot
15 janvier 1996

Distribution

 

Chorégraphie Loïc Touzé

 

Danseurs :

Loïc Touzé

Latifa Laâbissi

Yves-Noël Genod

 

Chant Isabelle Soccoja

 

Musique Kasper T. Toeplitz

 

Sculpture jean Wirt

 

Lumière Maryse Gautier

 

Costumes Cidalia da Costa

Share This