Michel Vincenot

Paroles de danses
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Brucelles – Karine Pontiès

Elle vient de Belgique avec 6 danseurs, cinq hommes et une femme. Rapport étrange de ces hommes en noir et de cette femme en blanc. Égarés d’un champ de bataille, à la limite de l’univers carcéral, ils dansent, ils chantent, ils traversent le tragi-comique de l’existence.

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Algo sera – Nathalie Collantès

Huit danseurs et un moment d’exception où la danse convoque les corps. Exigence d’une traversée dans l’en-deçà du geste, avant qu’il ne trouve le juste mouvement. Ce qui résiste au corps doit être investi avec précision, dans la vacuité et les mouvances du temps.

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Wanted ou profil bas – Thierry Thieû Niang

Wanted, à l’étape d’une recherche où la danse transite par les territoires de chacun des interprètes. Le fil tissé traverse ainsi le corps dans ses formes et ses approches singulières. Wanted, corps en explorations, à l’écoute de l’espace qui appelle le devenir d’un temps commun, pour faire éclore le désir des plus fines qualités que préserve chacun des danseurs…

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Les allées et venues – Christine Jouve

La beauté appelle le silence… comme une architecture cistercienne qui ne supporte ni la surcharge ni le bavardage, pour laisser au chant et à la lumière le soin d’ouvrir à la méditation.

La lumière vient ici de la danse, tenue entre silences et chants du corps quasiment grégoriens.

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Gaspard, Melchior et Balthazar – Michèle Rust

Le trésor se trouve au creux de l’être comme une somme de petits joyaux qui le font naître. Mais l’or de l’alchimiste ne surgit pas dans la précipitation.

Sous le regard précis de Guillemette Grobon, le solo de Michèle Rust est un fragment de vie qui rassemble à lui seul toutes les réminiscences d’une trajectoire entre hier et maintenant.

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Chassés-croisés – Yann Lheureux

Ne me touche pas…
mais… ne me quitte pas des yeux.
L’improvisation s’installe. Le regard dans les yeux dessine l’impeccable diagonale d’un carré ; tension tenue par un espace qui s’offre à l’autre quoiqu’il arrive. Habité par le calme, la précision, l’ultime.

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Lest – Patricia Kuypers

Dans l’improvisation, si l’on ne sait pas exactement où l’on va (bien qu’on sache précisément où l’on conclura), on sait en revanche d’où l’on vient et où s’opèrent les moments de rencontre. Cette disposition-là est fortement liée à l’état de perception pour lequel on ouvre tous les sens, ou au contraire que l’on ferme, pour toutes les raisons qui sont liées

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4+1 (little song) – Catherine Diverrès

Derrière l’enfance, se cache la cruauté du monde. Entre l’enfant triste de Rimbaud et l’enfant aux paupières cousues d’Aldo Naouri, Catherine Diverrès tranche dans lunivers de ces enfants perdus à tout jamais pour avoir côtoyé de trop près les adultes assassins.

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Disparitions – Latifa Laâbissi

Il est midi à l’Université, l’heure du zénith et l’heure d’aller manger. Un «passage» au creux de la journée. L’heure n’est pas à la philosophie (quoique !) mais aux retrouvailles naturelles. Le temps de franchir un escalier et de le redescendre. Un entre-deux, au fond, comme sait l’investir la danse.

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Les enfants de la danse – Michel Vincenot

Éditorial du Journal des étudiants de l'Université de Pau Festival Plurielles 2000   Regarder danser quand on a 18 ans... génération dans laquelle est née il y a vingt ans la danse contemporaine. Ils sont étudiants et ont entrepris d'ausculter la danse à leur façon,...

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Cinq de coupe – Hélène Cathala

Si Hélène Cathala s’inspire du tarot égyptien pour questionner l’esprit du monde, la découverte et la méditation, ses oracles à elle ont pris une sérieuse profondeur. On s’attendait à voir l’imagerie naïve des prédictions d’un jeu de cartes, on découvre le corps en gestation.

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Thulé – Fabrice Dasse

«Thulé», solo d’un homme seul face à un espace à remodeler. Fabrice Dasse est un danseur délicat et sensible. Il donne l’espace. Il ne le prend pas. Il y propose le mouvement comme une naissance progressive qui se donne le temps de découvrir le geste infime avant d’explorer l’immensité.

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L est là – Georges Appaix

Georges Appaix est un poète des mots et de la danse. Il est difficile de ne pas se laisser embarquer par ces huit interprètes qui commencent la pièce par un balbutiement pour nous mener finalement au plaisir de la danse et de tout ce qu’elle sait y rassembler.

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Lieux communs – Robert Seyfried

L’intelligence d’une dramaturgie traversée par le dérisoire convoque la banalité quotidienne. Les lieux communs ne sont pas si communs qu’on croit, pas plus que la dérision ne s’apparente au dérisoire. On sourit dans la dérision ; on se laisse atteindre par le dérisoire.

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L’invité – Anne Lopez

Prenez un corps, faites des nœuds partout et changez les fonctions naturelles des membres, l’air de rien. Comme s’il était évident d’aller chercher un doigt de pied avec des bras et des mains encamisolés. Comme s’il était évident de pousser l’énergie jusqu’au bout,

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What a day ! – Thierry Thieû Niang

«Mystère chorégraphique» et… clarté de la danse. Cela pourrait être antinomique, mais ici, c’est une évidence. C’est à la périphérie du cercle des spectateurs que naît le saut répété de quatre danseurs-musiciens aux quatre points cardinaux de la planète, comme une respiration introduite

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Récital – Mourad Merzouki

«Récital», ce joli mot qui allie le «récit »et les sonorités musicales, pour dire et danser plus que jamais leur quête de liberté et leurs recherches d’émotions «in-ouïes»comme ils le disent joliment. «Ils», c’est la compagnie Käfig. Car ils tiennent par dessus tout

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Volées d’éclats – Jackie Taffanel

Danser, chez Taffanel, c’est dire qu’il y est question de mouvement, bien évidemment, mais aussi d’espaces changeants et de rapports parfaitement aboutis entre les danseurs. Les relations mystérieuses qu’elle propose dans les contacts de duos ou de trios font appel,

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Viva – Laurent Pichaud

Première pièce de Laurent Pichaud qui a choisi d’entrer en 96 dans le monde des chorégraphes par de belles marches et des tensions subtiles des bras. Elles initient la méditation recueillie que la danse contemporaine sait faire avec justesse. Au contact de la pierre,

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S’il y a lieu – Loïc Touzé

Néons blancs, cintres rabaissés, scénographie en bois blanc, tables «de travail», plans inclinés et plateformes pénétrant à plusieurs niveaux les espaces traditionnellement réservés au public. Comme si Loïc Touzé avait décidé d’associer le spectateur à la reconstruction de la danse

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Oui – Hélène Cathala / Fabrice Ramalingom

Cette pièce ne nous raconte pas «des salades». Dès le départ, le propos est clair, comme une série de photographies de reportage. Oui, c’est un pari risqué de conjuguer la force de l’athlète avec la beauté de la danse. Oui, la danse utilise les muscles du même corps, mais elle donne à penser et invite au sens, partagé par tous.

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Double v – Laurent Pichaud

C’est inutile. Il est inutile de vouloir disséquer cette pièce à la façon d’une analyse grammaticale. C’est comme si l’on tentait de désosser une séquence de la vie prise sur le vif, sans en connaître ni les antécédents ni l’aboutissement. C’est comme s’il nous manquait quelque chose avant et quelque chose après.

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L’improvisation de la danse – Michel Vincenot

Si la danse venait à disparaître,     le geste improvisé serait la dernière liberté du corps, avec l'amour.     Les expériences personnelles que la danse m'a données à découvrir ces dernières années, croisent une tentative originale imaginée par le Cratère d'Alès. Ce...

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Paumes – Olga de Soto

Elles dansent en harmonie, puis en écho parfait. Vêtues de petites robes aux couleurs de la flamme ; regards dirigés vers d’autres corps en vis-à-vis. Comme s’il fallait se lier d’aventure à des partenaires invisibles. Keersmaeker, leur aînée, installait une présence de la danse avec une élégante préméditation. Elle adressait aux spectateurs cette énergie contenue, après les avoir patiemment toisés.

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L’écriture chorégraphique – Michel Vincenot

Aux étudiants de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour suite à une intervention du Théâtre Saragosse à la Faculté des Lettres   Contrairement à l'écrit qui se déroule de façon linéaire selon une syntaxe : sujet, verbe, complément..., la danse s'écrit dans...

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Elles, nous, eux – Robert Seyfried

Donc, Robert Seyfried donne sans rien garder.

Ses yeux clairs pigmentés d’une chaleureuse humanité regardent droit au cœur, comme s’il avait partagé depuis toujours la vie de chacun des humains. Les adolescents se donnent le premier baiser les yeux grands ouverts. Mais ils ne savent pas encore que les yeux fermés, c’est beaucoup mieux.

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A fuego lento – Catherine Berbessou

Ils sont sept. Sept pour une danse qui s’interprète habituellement à deux ! C’est bien connu, le tango est une attraction de deux partenaires qui se rencontrent, s’enlacent, se défont et se refont, sans toutefois user de la proximité comme un simple alibi du contact

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Faits et gestes – Bernard Glandier

Homme de talent, Bernard Glandier ajuste sa chorégraphie sur deux registres : la danse épurée et l’effusion populaire. C’est pourquoi ses pièces sont d’une grande lisibilité. Autant dire que «Faits et gestes» sera regardée par tous. La musique, les différentes musiques,

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Répétition publique « Décence » – Yvann Alexandre

Il a 21 ans. Il a la pêche et fait danser ses interprètes sans complexe, avec l’aisance des chorégraphes d’expérience. Lui, c’est Yvann Alexandre. Les jeunes se retrouveront dans le style, direct et techno, comme cette génération laissée sur la brèche, sans idéal, mais réaliste jusqu’au bout des pieds.

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Un lieu naturel d’échanges, éditorial – Michel Vincenot

À l’avenir, un théâtre sera le lieu naturel d’échanges culturels, de rencontres inédites, ou sera voué à la disparition. Il n’est plus possible, en cette fin de siècle, de concevoir le patrimoine artistique comme un trésor enchâssé que l’on protège. Les influences extérieures régénèrent les traditions millénaires. Il faut aller vers et «travailler dans l’ouvert» disait Rilke.

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Les naufrageurs – Jacques Patarozzi

Que reste-t-il à écrire quand le propos d’une pièce est une exploration intense du corps ? Que dit le corps devant l’événement ultime que l’on pressent ? Mary Wigman avait répondu par «la danse de la sorcière». Jacques Patarozzi dialogue par «naufrageurs» interposés.

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Il – Isabelle Lasserre

Et si l’on s’arrêtait pour faire le point ?

Et si l’on s’arrêtait pour danser à nouveau ? Pour mettre en filigrane les expériences acquises ; refaire à l’envers l’itinéraire qui a nourri le geste depuis des années. Le mouvement s’efface devant l’ineffable ;

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Décence – Yvann Alexandre

Un univers techno-acier qui s’arrête au bord du vide jusqu’à la rencontre de «quelques brins de matière» qui se brisent puis se figent, juste aux prémices de la parole. Yvann Alexandre écrit la danse avec décence. Certes, quelque peu formelle, mais on appellera cela de la timidité lucide.

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Où ? – Christian Bourigault

Au bout d’une diagonale inhabituelle, l’espace n’est plus au centre. La terre est sens dessus dessous. Quand le corps se désintègre au sol, c’est parfois à la périphérie de l’espace qu’il refait en sens inverse le chemin d’où il vient, entre l’os désarticulé et la chair retrouvée. «Où ?», le solo de Christian Bourigault, est une expérience lucide de l’envers et de l’endroit.

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Germen et soma, la Commanderie – Pascale Houbin

Ils ont été des centaines à s’arrêter dans ce lieu, par hasard ou par épuisement. Une halte sur les chemins de Saint-Jacques. Pour se reposer, pour se soigner ou pour y mourir.

Hautement symbolique, le refuge de ces marcheurs silencieux ne pouvait échapper au regard attentif de Pascale Houbin.

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Germen et soma – Pascale Houbin

Elle répète ses solos dans son garage de banlieue parisienne et ne rechigne pas à montrer, à qui veut bien la voir, la danse qu’elle y peaufine. Elle est simple, elle est belle, elle est émouvante, Pascale Houbin. Elle a appris de la langue des signes l’exigence du langage ; les doigts qui impriment au corps ce que la danse sait dire.

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Si j’étais toi – Hélène Cathala / Fabrice Ramalingom

Si j’étais toi est tout un symbole. Celui qui se préoccupe de l’autre est le partenaire auquel il faut transmettre le meilleur de soi-même. Au point que la pièce se construit autour d’une harmonie d’un homme et d’une femme, et du groupe ensuite, comme si l’échange était devenu naturel. Du coup, il devient difficile de trouver les mots justes, parce qu’on est là au seuil où les mots se taisent pour laisser place à la danse.

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